des milliards de créances pourries dans leurs bilans, leur pingrerie confine à la caricature. Bien entendu, tous affirment haut et fort que la baisse actuelle des octrois de crédits (-8,5% sur un an en février, selon
la Banque de France) est la simple conséquence de la faiblesse
de la demande, et donc de la récession. Mais les piles de dossiers qui s’amoncellent dans les bureaux de l’Association d’aide contre les abus bancaires (Aacab) et l’allongement de la liste des dépôts de bilan dans l’Hexagone (+ 21% en glissement annuel au premier trimestre) témoignent du contraire. « Près d’une défaillance sur trois pourrait probablement être évitée si les banques soutenaient leurs clients », s’agace Jean-Jacques Defaix, le président de l’Aacab.
Certes, la mise en place d’un médiateur du crédit à l’automne dernier
a permis d’améliorer un peu les choses. Asticotées par les 400 limiers
de cette cellule de choc dirigée par l’ex-patron des commissaires aux comptes René Ricol, les banques ont été contraintes de lâcher du lest. Près de 4000 entreprises ont ainsi pu être sauvées de la faillite (sur les 10 000 qui se sont adressées à la cellule) et plus de 7000 emplois on été préservés. De même, les 10 milliards d’euros offerts par Nicolas Sarkozy
à l’organisme public. Oséo, qui soutient les PME en apportant sa garantie pour les prêts bancaires, vont-ils permettre à pas mal de sociétés
de s’en sortir.
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