auraient sablé le champagne ! Au premier trimestre, alors que la plupart des analystes s’attendaient à des résultats mitigés, BNP Paribas
a enregistré un bénéfice net de 1,6 milliard d’euros, 28,2% de plus que sur la même période de 2008. De l’autre côté de l’atlantique, Goldman Sachs a fait à peine moins bien, engrangeant 1,6 milliard de dollars
de profits. Du coup, ses dirigeants ont annoncé qu’ils rembourseraient plus tôt que prévu les 5 milliards que l’Etat américain leur a prêtés.
Et qu’ils allaient très vite redistribuer des bonus…
A croire que, pour ces deux là, la crise est finie ! « C’est une bonne nouvelle, se félicite Marc Touati, économiste chez Global Equities.
Elle prouve que l’intervention des Etats commence à porter ses fruits. »
Il faut dire que les gouvernements n’ont pas fait les choses à moitié :
sous forme d’injections de capitaux et de prêts, les banques européennes ont déjà bénéficié de 700 milliards d’euros d’aides publiques, dont plus
de 60 milliards rien qu’en France. Ce plan de sauvetage nous évitera,
on l’espère, une profonde dépression. Mais l’argent ne sera pas rendu aux contribuables. Et encore moins aux clients des établissements renfloués. Car les banques, affaiblies par leurs pertes sur les marchés financiers et sommées de renforcer au plus vite leurs fonds propres,
se tournent aujourd’hui vers leurs activités de détail (la clientèle
des particuliers et des PME) pour regonfler leurs profits.
« Elles vont essayer de se refaire sur le dos de leurs clients »,
redoute Serge Maître, le président de l’Association française des usagers des banques.
Comme le montre notre enquête, son inquiétude
est injustifiée. Certes, certains établissements font de réels efforts
pour offrir à un prix attractif un service de qualité (notamment
les banques en lignes comme Boursorama), mais d’autres ont déjà commencé à augmenter fortement leurs tarifs ou usent de pratiques commerciales parfois abusives pour obtenir le même résultat.
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